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Télémédecine au Mali : Le "plus" du Certes

L’électrocardiogramme effectué sur une petite fille a été interprété depuis la salle de contrôle du Certes



Il contribuera à l’atteinte des objectifs de santé de notre pays à travers les technologies de l’information et de la communication La télémedecine est la médecine à distance par la communication audiovisuelle et le transfert de données interactives. Au moyen de réseaux de télécommunication, téléphones, lignes spécialisées, satellites, la télémedecine permet à des médecins d’échanger des informations entre eux, d’effectuer des consultations ou d’analyser et interpréter des examens complémentaires, notamment l’imagerie médicale.

Elle établit une relation de coopération à distance entre plusieurs médecins ou médecins et patients, soit dans le but de fournir des services ou de l’information nécessaires à la pratique médicale, soit dans le but de permettre un transfert de connaissances.

Les outils de la télémédecine permettent d’échanger des informations sous forme électronique et de faciliter l’accès à l’expertise à distance. Un médecin se trouvant loin d’un centre d’expertise peut ainsi consulter des collègues à distance afin de résoudre un cas difficile, suivre un cours de formation continue diffusé sur Internet, ou accéder à des bases de connaissances ou des bibliothèques numériques.

"C’est une pratique qui permet de faciliter la collaboration entre confrère, d’éviter des déplacements souvent inutiles pour les patients", explique le Dr Cheick Oumar Bagayoko du projet Kénéya Blown qui indique aussi que la télémedecine favorise le télé-enseignement médical et permet de réduire l’isolement géographique de centres médicaux difficilement accessibles.

Quant à la e-santé, c’est l’usage des outils, des équipements et des services basés sur les TIC, dans le secteur des soins de santé. La e-santé ou e-health englobe les domaines technologiques comme la télémédecine, l’informatique médicale, etc. "Il s’agit en fait des activités, des services et des systèmes liés à la santé, pratiqués à distance au moyen des TIC, pour des besoins de promotion de la santé, des soins, du contrôle des épidémies, la gestion et la recherche appliquée à la santé", explique le Dr Cheick Oumar Bagayoko.

Créer une synergie. C’est conscient de l’importance de la télémedecine et de la e-santé dans l’atteinte des objectifs de santé de notre pays que le Réseau informatique malien d’information et de communication médicale (Reimicom) a décidé de la création du Centre d’expertise et de recherche en télémedecine et e-santé (Certes). L’objectif de ce projet piloté par l’équipe de Kénéya Blonw est de créer et coordonner la synergie des acteurs de la télémedecine dans notre pays, et de garantir des délais acceptables et adaptés pour les différentes expertises médicales demandés à distance. Le Certes servira aussi de lieu opérationnel pour les activités de télémedecine et va coordonner et faciliter la recherche et la formation dans le domaine de la télémedecine.

"Notre ambition est de parvenir à une bonne gestion des flux des demandes de téléconsultations dans notre pays et promouvoir une orientation des professionnels de la santé et du public vers des informations médicales de qualité", confie Mahamoudane Niang, coordinateur du projet qui a indiqué que le centre a contribué aussi à mettre en place une forte activité de recherche en télémedecine et e-santé à travers la formation d’une masse critique de ressources humaines compétentes pour faire face aux besoins des populations. "Nous avons mis en place une organisation logistique basée sur les acquis de Reimicom. De même, il existe au niveau du centre hospitalier "Mère et Enfant" une salle de contrôle en temps réel des activités de télémédecine et e-santé, souligne le Dr Mahamoudane Niang pour qui le centre permettra de participer activement à la réduction des évacuations sanitaires inutiles de l’intérieur du pays vers les centres de dernier recours de la capitale.

Les domaines d’intervention du projet portent sur la téléradiologie, la télépathologie, la télédiabetologie, la téléobstétrique, la télédermatologie, la téléchirurgie, ou encore le téléenseignement médical ou la formation médicale continue. Le projet dispose aussi d’un service "le Call centre médical" pour les renseignements et conseils médicaux.

Le fonctionnement et l’animation du Certes sont assurés par une équipe pluridisciplinaire composée de spécialistes en informatique médicale, en information et base de données, en expertise et ingénierie des systèmes d’information en santé, explique notre interlocuteur.

Une technologie adaptée. La télémédecine n’est pas synonyme forcément de technologie "hitech" qui d’ailleurs ne fonctionne pas dans notre contexte. Le Centre utilise des outils adaptés aux conditions technologiques de notre pays et qui ont été mis en place à cet effet. Il s’agit principalement de la plateforme de téléenseignement appelé « Dudal » et de téléconsultations appelé « Ipath ». Aussi le Centre organise des échanges en temps réels par visioconférence, nous confie le Dr Niang.

Depuis sa création, le Centre d’expertise et de recherche en télémedecine et e-santé organise, en collaboration avec le Réseau en Afrique francophone pour la télémédecine (RAFT), des cours de formation médicale continue à distance qui ont lieu tous les jeudis sur le site de Kénéya Blonw.

"Ces cours sont dispensés depuis notre pays en direction de tous les professionnels de la santé et de 15 autres pays en Afrique francophone. A ce jour, le centre a traité 25 demandes de téléconsultation venant de notre pays et d’ailleurs", souligne le coordinateur du projet. De même, le centre a permis avec la Fédération nationale des associations de santé communautaire (Fenascom) la formation d’une quarantaine de médecins directeurs de Cscom de Bamako à l’informatique, Internet et aux outils de la télémédecine. Un autre acquis du Centre est d’avoir permis d’expérimenter l’exécution des examens complémentaires en imagerie et cardiologie dans le centre de télémédecine rural de Dimmbal dans le pays dogon. Le médecin du Centre a pu effectuer un examen échographique d’une femme enceinte de 7 mois battue par son mari, grâce à une sonde échographique connectée à un ordinateur portable. L’examen a pu mettre en évidence que la vie du fœtus était hors de danger.

"Le résultat était palpant et, par conséquent, n’a pas nécessité d’interprétation à distance ou de déplacement de la patiente", indique le Dr Niang.

Aussi, l’électrocardiogramme effectué sur une petite fille de 7 ans a été interprété depuis la salle de contrôle du projet Certes. "Cette expérience a permis de valider la faisabilité des examens complémentaires et leurs interprétations à distance", dit notre interlocuteur.

Fort de ces expériences le Certes envisage de mettre en place une assise solide d’activités de recherche et de formation dans le domaine de la télémédecine et informatique médicale. Le Centre entend aussi piloter le projet des 1000 unités de télémédecine pour l’Afrique, initié par le Fond de solidarité numérique en collaboration avec l’OMS et le RAFT.

Be COULIBALY

Source L’Essor Quotidien National d’Informations du Mali

Classification :
Télémédecine e-santé

Mis en ligne le lundi 18 août 2008 par Webmaster

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