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Présentation du DMP Lombard par le Dr Roberto Nardi

Le 16 octobre 2007 cette conférence s’est tenue au siège de l’URML Rhône-Alpes, organisée à l’initiative conjointe de l’URML et d’ASTRH@.

Le Dr Roberto Nardi qui est à l’origine de ces développements a fait part de l’état d’avancement de ce projet qui fait figure de pionnier en Europe.

FocusInfo.eu s’en est fait l’écho dans un article que nous reproduisons ci-après.

Dossier médical personnel : premier bilan du DMP de Lombardie, pionnière en Europe

Lyon (FocusInfo)- 17 octobre 2007

Développement - Si le dossier médical personnel (DMP) en France est aujourd’hui "au point mort", pour reprendre les termes du ministre de la Santé, celui construit en Lombardie et présenté, le 16 octobre, à l’Union régionale des médecins libéraux de Rhône-Alpes (URML-RA) révèle une expérience pionnière en Europe et riche d’enseignements.

Présenté par le Dr Roberto Nardi, chargé de mission auprès de la direction de la santé de Lombardie, ce projet s’est inscrit dans le cadre du plan de modernisation du système de santé adopté par le gouvernement régional en 1997. Pour sa mise en ouvre, il disposait cependant d’un atout majeur, à savoir l’informatisation précoce des cabinets médicaux, puisque, dès le début des années 1980, les omnipraticiens lombards, au nombre de 8.000 dans cette région, se sont attelés à ébaucher des dossiers de patients.

L’objectif de ce plan était d’offrir aux citoyens, via un système extranet sécurisé, la possibilité de stocker toutes les données médicales les concernant. Une carte à puce européenne de santé a été donc élaborée à l’intention des usagers - et peut même faire office de carte de paiement depuis 2006 - et une seconde, destinée aux professionnels de santé. Hormis les cas d’urgence et d’affiliation d’un patient à un médecin, l’accès au DMP ne peut s’effectuer que si les deux cartes ont été insérées dans le lecteur.

La montée en charge s’est progressivement faite entre 1999, où 306.500 personnes ont reçu cette carte, et 2006, où les 9 millions d’habitants de la Lombardie en ont été titulaires. Sauf qu’à ce jour, "tous ne l’utilisent pas", comme l’a expliqué Roberto Nardi, "car, au préalable, les citoyens doivent avoir renvoyé une autorisation écrite pour activer la carte, et 30% ne l’ont pas encore fait". Une campagne de communication expliquant l’importance de cette démarche est donc sur les rails.

Du côté des omnipraticiens - informatisés à 75% en Lombardie -, 55% accèdent à ce DMP et l’alimentent. L’investissement total sur quatre ans - comprenant des apports du privé - s’est élevé à 100 millions d’euros, auxquels il faut ajouter 90 millions d’euros de maintenance annuelle.

De leur côté, les médecins ont évalué le temps passé à implémenter le DMP à 30%, mais également déclaré "récupérer ce temps par ailleurs". Une somme forfaitaire "de 5.000 euros" leur a été versée pour alimenter le DMP, a précisé le Dr Nardi, rappelant qu’en Lombardie, la rétribution des médecins reposait sur la capitation. Enfin, le coût de ce dossier informatisé, essentiellement lié à l’hébergement des données, a été évalué à 10 euros par patient et par an.

Aujourd’hui, "notre système est donc un point de départ, et certainement pas d’arrivée", a résumé le Dr Nardi. Et de poursuivre : "Il a démontré une potentialité de communication efficace et rapide des données cliniques, de très bons résultats techniques, mais des réalisations organisationnelles insuffisantes."

De nombreux points d’amélioration sont souhaités, comme la standardisation des documents insérés dans le dossier ou le développement d’outils informatiques susceptibles, par exemple, de transférer des résultats d’analyses médicales du courrier électronique au DMP. À l’instar de ce qui est prévu en France, les patients lombards peuvent "masquer" les informations sensibles.

"C’est inscrit dans la loi", a rappelé Roberto Nardi, tout en reconnaissant que "si la priorité a été donnée à la sécurité, le système a peut-être atteint, ici, ses limites".

En France, la remise de l’audit sur le projet DMP - qui devait être opérationnel début juillet 2007 - a été repoussée à la seconde quinzaine d’octobre.

Si la Lombardie a clairement conçu un dossier "patient", les médecins libéraux français souhaiteraient plutôt voir aboutir un dossier médical partagé au nom de la coordination des soins. Le redémarrage du projet DMP n’est donc pas envisagé avant début 2008, selon Jean-Pierre Door, président-rapporteur de la mission d’information mise en place à l’Assemblée nationale en septembre. La Journée parlementaire du DMP du 10 décembre prochain permettra peut-être de définir enfin les tenants et aboutissants de ce projet. À cette même période, les maisons médicales de Lyon et sa banlieue devraient lancer leur propre DMP.

Le site du projet www.crs.lombardia.it

Documents joints
puce  La présentation du Dr Nardi  (Type : PDF)

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